Le chef de l’Etat s’est rendu dans la cité thermale mercredi, une première pour un président de la République depuis le général de Gaulle, en 1959. Il était accompagné de Serge et Beate Klarsfeld.

La nuit est tombée, mercredi 8 décembre. Des guirlandes de Noël et quelques lampadaires éclairent le chemin d’Emmanuel Macron sous la galerie du parc des Sources de Vichy (Allier). Le chef de l’Etat remonte l’allée dans le froid, le col de manteau relevé, aux côtés de Serge et Beate Klarsfeld. Lui porte une casquette. Elle, un bonnet. L’avocat et son épouse, 86 et 82 ans, ont fait de la traque des anciens dignitaires nazis et de la défense de la mémoire des déportés juifs lors de la seconde guerre mondiale le combat d’une vie. Le 26 août 1992, ils étaient venus devant l’Hôtel du Parc, siège du gouvernement collaborationniste du maréchal Pétain, pour déposer une stèle, cinquante ans jour pour jour après la décision prise par l’Etat français de rafler en zone libre 6 500 juifs étrangers. Le monument, désormais, trône en bordure du parc.

La délégation se recueille, silencieuse. C’est la première fois depuis le général de Gaulle, en 1959, qu’un président de la République en exercice vient à Vichy pour effleurer ce passé trouble, qui mêle, dans la mémoire collective, la cité thermale à Pétain. Emmanuel Macron lui-même avait évoqué, en 2019, les « heures sombres de Vichy », ce qui avait eu le don d’agacer le maire (Les Républicains, LR) de la ville, Frédéric Aguilera. Lui préférerait entendre parler de « gouvernement de Pétain » plutôt que de voir citée sa ville.

La troupe poursuit son chemin vers l’opéra, à quelques dizaines de mètres de là. Une plaque a été apposée sur la façade pour rendre hommage aux 80 parlementaires qui s’étaient élevés, le 10 juillet 1940, contre le transfert des pleins pouvoirs au maréchal. Serge Klarsfeld s’attarde un peu pour parler à la presse. « C’est un moment d’émotion et de soulagement de voir le président de la République venir à Vichy, pas pour les thermes ou le casino, mais pour le symbole que ça représente, souffle-t-il. C’est important dans la période d’élection présidentielle : il nous faut un président qui soit opposé à l’extrême droite, un président républicain. »

L’histoire « est écrite par les historiennes et les historiens »

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