« Chine et OMC : un roman de la mondialisation » (3/5). Les Etats-Unis, fervents promoteurs de l’adhésion chinoise à l’Organisation mondiale du commerce en 2001, ont révisé, à compter de la crise financière de 2008, leur approche. Désormais, Pékin est l’adversaire politique et économique numéro un.

C’était quatre jours après les attentats du 11 septembre 2001. A Genève, les négociateurs américain Robert Zoellick et européen Pascal Lamy levaient avec leurs homologues chinois le dernier obstacle à l’entrée de la Chine dans l’Organisation mondiale du commerce. Pendant que l’Amérique était à terre, elle devait montrer que le capitalisme et la planète business continuaient de tourner. « Il est vraiment plus important que jamais que les Etats-Unis fassent preuve de leadership sur les questions économiques internationales, alors même que nous nous concentrons sur les questions de sécurité », déclara ce jour-là Robert Zoellick, représentant pour le commerce du président George W. Bush. L’accession de la Chine, c’était le couronnement d’une politique de rapprochement avec Pékin engagée par Richard Nixon en 1972.

Un article de la Brookings Institution, paru au printemps 2001 sous la plume de l’économiste Nicholas Lardy, confirme l’état d’esprit de l’époque, résolument pro-chinois. D’abord, sur le plan économique, la Chine n’était pas le Japon, le grand adversaire commercial des décennies passées : elle prenait des emplois aux pays asiatiques, mais pas ceux qualifiés des Etats-Unis. Ensuite, elle allait se révéler un terrain de jeu pour les entreprises américaines, en raison de l’émergence de son économie, à la différence du Japon, toujours très fermé. Et puis s’ajoutaient des considérations géopolitiques : la prospérité chinoise, qui éviterait aux Etats-Unis bien des ennuis géopolitiques, la démocratisation progressive, même s’il faudrait attendre une à deux décennies et la résolution des tensions avec Taïwan, grâce à une économie plus imbriquée.

Mondialisation heureuse

C’est l’époque de la mondialisation heureuse, vectrice de paix, de démocratie et de prospérité, la production chinoise augmentant le pouvoir d’achat des Américains. Le couronnement de cette

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