Un rapport d’enquête interne de l’AP-HP a conclu qu’Emile Daraï, visé par plusieurs plaintes pour viol, n’avait pas respecté « les volontés » de plusieurs patientes, ni pris en compte « le soulagement de leur douleur ».

Le professeur Emile Daraï n’exercera plus les fonctions de chef du service de gynécologie obstétrique de l’hôpital Tenon, dans le 20e arrondissement de Paris. Au terme d’une enquête interne, l’AP-HP et Sorbonne Université ont annoncé, jeudi 9 décembre, la mise en retrait définitive de ce spécialiste renommé de l’endométriose, qui ne reprendra pas non plus « de responsabilité pédagogique ».

Actuellement visé par six plaintes pour viol, selon Franceinfo, M. Daraï fait, depuis le 28 septembre, l’objet d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris pour « viol par personne ayant autorité sur mineur de 15 ans », élargie à des faits présumés de « viol en réunion » et menée par le 2e district de la police judiciaire.

Lire aussi  Article réservé à nos abonnés Une charte pour la consultation en gynécologie

Démis de ses fonctions en octobre, M. Daraï dit avoir accepté les conclusions sévères du rapport de la commission administrative chargée de l’enquête interne. Alors que 41 auditions (ont été entendus plusieurs patientes, des praticiens externes et internes et d’autres membres du service concerné) ont été menées, les rapporteurs estiment que « l’obligation d’information des patientes, le soulagement de leur douleur, le respect de leurs volontés n’ont pas été respectés ».

« Lisant leurs mots et entendant leur parole, je suis contraint de reconnaître que ces femmes ont pu percevoir l’examen clinique que j’ai pratiqué comme dénué d’empathie et de bienveillance », a écrit Emile Daraï au directeur général de l’AP-HP, Martin Hirsch, dans une missive du 7 décembre. Contacté par Le Monde, le gynécologue n’a pas donné suite.

« Etat de stress, de choc »

« La situation actuelle est le fruit de dysfonctionnements individuels mais aussi collectifs et systémiques », précise la commission administrative, tout en soulignant « l’organisation pyramidale de la plupart des services hospitalo-universitaires ».

Les pratiques du professeur Daraï et son « mode de fonctionnement stéréotypé » sont notamment mis en cause par les rapporteurs : « Le caractère standardisé, rapide, technique et sans affect de la consultation, parfois brutal et sans empathie ne saurait convenir. » « Si la patiente refuse [l’examen clinique], le professeur Daraï lui explique qu’il ne pourra pas poser de diagnostic », observe la commission, dépeignant des patientes « en état de stress, de choc et très souvent en pleurs » au terme de la consultation.

You Might Also Like

03 Comments

Leave A Comment

Don’t worry ! Your email address will not be published. Required fields are marked (*).

Get Newsletter

Advertisement

Voting Poll (Checkbox)

Voting Poll (Radio)

Readers Opinion